Custer died for your sins
Qu’un enfant indien soit élevé parmi nous, qu’il apprenne notre
langage, qu’il s’habitue à nos usages, il suffira d’une visite à ses
parents, d’une course indienne avec eux, pour qu’il ne veuille jamais
revenir parmi nous.
Lorsque des Blancs, de l’un ou de l’autre sexe, sont pris par les
Indiens et vivent quelque temps avec eux, en vain leurs amis les
rachètent, et les traitent avec toute la tendresse imaginable pour les
décider à rester parmi les Anglais ; ils sont bientôt dégoûtés de notre
manière de vivre, des soins et des peines nécessaires pour subsister ; à
la première occasion ils s’échappent pour retourner dans les bois, et il
est impossible de les en faire revenir.
On m’a parlé d’un Blanc qu’on avait ainsi ramené chez les siens pour y
jouir d’une belle fortune ; il trouva que pour l’administrer il fallait
trop de soins, la laissa à un frère cadet, et ne garda pour lui qu’un
fusil et une couverture, avec quoi il reprit le chemin du désert.
(Lettre privée, adressée par Benjamin Franklin à l’un de ses amis, en
1753)
David Graeber, qui cite cette lettre, commente :
Les récits d’anciens captifs fuyant la société occidentale pour
retourner vivre dans les bois, ne laissent planer aucun doute :
quelque chose s’est bel et bien perdu au cours de notre
évolution.
(David Graeber)



