Voie humide
Cette substance se caractérise par son abondance en Mercure et par
une infime quantité de Soufre. Si on la traite convenablement par
différents moyens extrêmement spécifiques, elle est en mesure de
constituer une sorte d’aimant pour substantialiser l’énergie cosmique
nocturne.
(Bardeau)
Le magnétisme des esprits minéraux qui est faible & languissant,
tandis que les parties qui les embarrassent sont impures & mal
assorties, devient fort & vigoureux à proportion que les excréments
se séparent par la coction, & que les parties se conforment &
s’homogènent.
(Le Breton)
Le spectacle impressionnant qu’offre l’activité nocturne d’un artiste
œuvrant par voie sèche, ou accomplissant les opérations préliminaires
dites travaux d’Hercule.
(Husson)
Il faut souvent abreuver la terre de son esprit et la laisser autant
de fois se dessécher.
Ce que la matière peut contenir d’humidité sans la déverser au-dehors,
voilà la mesure à observer pour les imbibitions, ce que nous appelons le
poids de nature.
(Récréations hermétiques)
Le vase se ferme de lui-même hermétiquement et se rouvre. Il ne
reçoit pas plus qu’il ne convient et refuse le superflu.
(Clavicule de la science hermétique)
On compte environ une cinquantaine d’ablutions et de coagulations,
dont chacune constitue un jour philosophique, avant d’arriver au terme
des travaux d’Hercule, soit à la noirceur ou putréfaction.
(Bardeau)
Lorsqu’on a ainsi opéré et que la matière se dissout, elle noircit à
mesure. On ne lui ajoute, dans ces divers temps, que l’esprit nécessaire
pour entretenir son feu fermentatif, et quand la matière commence à
fermenter, il faut l’abandonner à son propre feu jusqu’à la blancheur
parfaite où elle arrive d’elle-même.
(Récréations hermétiques)
Ainsi par l’intermédiaire de cette âme, l’esprit est réconcilié avec
le corps et l’union de l’un et de l’autre est réalisée dans la couleur
noire, au bout de cinquante jours au plus.
Cette opération s’appelle le régime de Mercure, parce que le Mercure
circule en s’élevant, tandis qu’en lui bout le corps du Soleil, en bas ;
et ce corps, dans l’opération, est passif jusqu’à l’apparition des
couleurs.
Elles surviennent discrètement après environ vingt jours d’une
ébullition convenable et continue ; par la suite, ces couleurs se
renforcent et se multiplient, variant jusqu’à la perfection dans la
noirceur très noire, que le cinquantième jour te donnera, si tu as de la
chance.
(Philalèthe)
Et d’abord je parlerai du régime du Mercure, qui est un secret dont
aucun Sage n’a jamais rien dit ; ils ont, par exemple, commencé au
second œuvre, c’est-à-dire au régime de Saturne, et n’ont montré au
débutant aucune lueur avant le signe essentiel de la noirceur.
Sur ce point est resté muet le bon comte Bernard le Trévisan, qui
enseigne dans ses paraboles que le Roi, lorsqu’il vient à la fontaine,
ayant laissé à l’écart tous les étrangers, entre seul dans le bain, vêtu
d’un habit d’or qu’il ôte et remet à Saturne, dont il reçoit un costume
de soie noire. Mais il ne dit pas combien de temps se passe avant qu’il
quitte cet habit d’or et passe sous silence tout un régime de peut-être
quarante ou même parfois cinquante jours ; et pendant ce temps, privés
de guide, les malheureux débutants se livrent à des expériences
hasardeuses.
Certes, depuis l’arrivée de la noirceur jusqu’à la fin de l’œuvre,
l’artiste est chaque jour rassuré par les nouveaux signes qui
apparaissent, mais je reconnais qu’il est ennuyeux d’errer pendant
cinquante jours sans guide, sans indication et sans garantie.
C’est pourquoi je dis que tout l’intervalle du temps depuis la première
ignition jusqu’à la noirceur est le régime de Mercure ; du Mercure
philosophique, qui opère seul pendant tout ce temps, son compagnon
restant mort jusqu’au moment propice.
Et cela, personne ne l’a dévoilé avant moi.
(Philalèthe)
L’irruption exceptionnelle du monde supérieur au sein d’un support
sensible définit la pratique alchimique.
Elle se manifeste opérativement par des signes divers et subits dont le
plus important consiste en une condensation brusque d’une « eau » dont
le jaillissement rend compte de son appellation de fontaine.
Cette onde cristalline dont l’apparition marque le commencement de la si
difficultueuse solution du compost alchimique.
(Husson)
