alchimie & mystique  - 122 -


Voie humide


Cette substance se caractérise par son abondance en Mercure et par une infime quantité de Soufre. Si on la traite convenablement par différents moyens extrêmement spécifiques, elle est en mesure de constituer une sorte d’aimant pour substantialiser l’énergie cosmique nocturne.
(Bardeau)


Le magnétisme des esprits minéraux qui est faible & languissant, tandis que les parties qui les embarrassent sont impures & mal assorties, devient fort & vigoureux à proportion que les excréments se séparent par la coction, & que les parties se conforment & s’homogènent.
(Le Breton)


Le spectacle impressionnant qu’offre l’activité nocturne d’un artiste œuvrant par voie sèche, ou accomplissant les opérations préliminaires dites travaux d’Hercule.
(Husson)


Il faut souvent abreuver la terre de son esprit et la laisser autant de fois se dessécher.
Ce que la matière peut contenir d’humidité sans la déverser au-dehors, voilà la mesure à observer pour les imbibitions, ce que nous appelons le poids de nature.
(Récréations hermétiques)


Le vase se ferme de lui-même hermétiquement et se rouvre. Il ne reçoit pas plus qu’il ne convient et refuse le superflu.
(Clavicule de la science hermétique)


On compte environ une cinquantaine d’ablutions et de coagulations, dont chacune constitue un jour philosophique, avant d’arriver au terme des travaux d’Hercule, soit à la noirceur ou putréfaction.
(Bardeau)


Lorsqu’on a ainsi opéré et que la matière se dissout, elle noircit à mesure. On ne lui ajoute, dans ces divers temps, que l’esprit nécessaire pour entretenir son feu fermentatif, et quand la matière commence à fermenter, il faut l’abandonner à son propre feu jusqu’à la blancheur parfaite où elle arrive d’elle-même.
(Récréations hermétiques)


Ainsi par l’intermédiaire de cette âme, l’esprit est réconcilié avec le corps et l’union de l’un et de l’autre est réalisée dans la couleur noire, au bout de cinquante jours au plus.
Cette opération s’appelle le régime de Mercure, parce que le Mercure circule en s’élevant, tandis qu’en lui bout le corps du Soleil, en bas ; et ce corps, dans l’opération, est passif jusqu’à l’apparition des couleurs.
Elles surviennent discrètement après environ vingt jours d’une ébullition convenable et continue ; par la suite, ces couleurs se renforcent et se multiplient, variant jusqu’à la perfection dans la noirceur très noire, que le cinquantième jour te donnera, si tu as de la chance.
(Philalèthe)


Et d’abord je parlerai du régime du Mercure, qui est un secret dont aucun Sage n’a jamais rien dit ; ils ont, par exemple, commencé au second œuvre, c’est-à-dire au régime de Saturne, et n’ont montré au débutant aucune lueur avant le signe essentiel de la noirceur.
Sur ce point est resté muet le bon comte Bernard le Trévisan, qui enseigne dans ses paraboles que le Roi, lorsqu’il vient à la fontaine, ayant laissé à l’écart tous les étrangers, entre seul dans le bain, vêtu d’un habit d’or qu’il ôte et remet à Saturne, dont il reçoit un costume de soie noire. Mais il ne dit pas combien de temps se passe avant qu’il quitte cet habit d’or et passe sous silence tout un régime de peut-être quarante ou même parfois cinquante jours ; et pendant ce temps, privés de guide, les malheureux débutants se livrent à des expériences hasardeuses.
Certes, depuis l’arrivée de la noirceur jusqu’à la fin de l’œuvre, l’artiste est chaque jour rassuré par les nouveaux signes qui apparaissent, mais je reconnais qu’il est ennuyeux d’errer pendant cinquante jours sans guide, sans indication et sans garantie.
C’est pourquoi je dis que tout l’intervalle du temps depuis la première ignition jusqu’à la noirceur est le régime de Mercure ; du Mercure philosophique, qui opère seul pendant tout ce temps, son compagnon restant mort jusqu’au moment propice.
Et cela, personne ne l’a dévoilé avant moi.
(Philalèthe)


L’irruption exceptionnelle du monde supérieur au sein d’un support sensible définit la pratique alchimique.
Elle se manifeste opérativement par des signes divers et subits dont le plus important consiste en une condensation brusque d’une « eau » dont le jaillissement rend compte de son appellation de fontaine.
Cette onde cristalline dont l’apparition marque le commencement de la si difficultueuse solution du compost alchimique.
(Husson)