Le composé de la nature



Les Philosophes ont deux sortes de composés.
Le premier est le composé de la nature ; c’est la nature qui le fait
d’une manière incompréhensible à l’artiste, qui ne fait que prêter la
main à la nature, par l’administration des choses externes, moyennant
quoi elle enfante, et produit cet admirable composé.
Le second est le composé de l’art ; c’est le sage qui le fait par
l’union intime du fixe avec le volatil parfaitement conjoints, avec
toute la prudence qui se peut acquérir par les lumières d’une profonde
Philosophie.
(Limojon de Saint-Didier)
Parlant de la Sagesse, l’alchimiste Senior écrit :
« Rien n’est plus vil d’aspect, rien plus précieux de nature. »
(Gorceix)
Retournez les éléments, dit Aristote, et vous trouverez ce que vous
cherchez.
Cette proposition, l’une des plus importantes, ayant mis les esprits en
mouvement, chacun s’est mis à la recherche d’une matière première pour
arriver à ce but, pensant bien que les éléments isolés ne pouvaient y
conduire, tandis qu’un corps qui en était tout composé et encore dans
son état de simplicité était le seul qu’on pouvait raisonnablement
mettre en œuvre pour chercher le point de perfection.
À force de chercher, quelques-uns l’ont enfin rencontré, mais ne
trouvant rien dans la Nature capable de le dissoudre, malgré sa
simplicité, et ne pouvant en extraire les éléments par aucun autre
moyen, ils s’avisèrent de remonter vers leur source commune, et y ayant
puisé, il vinrent enfin heureusement à bout de leur dessein.
(Récréations hermétiques)
Je vous proteste, avec un cœur sincère, touché de compassion pour
ceux qui sont depuis longtemps dans les grandes recherches, & je
vous certifie à vous tous qui chérissez ce merveilleux art, que toute
notre œuvre prend naissance d’une seule chose, & qu’en cette chose
l’œuvre trouve sa perfection, sans qu’elle ait besoin de quoi que ce
soit autre que d’être dissoute & coagulée, ce qu’elle doit faire
d’elle-même sans le secours d’aucune chose étrangère.
Lorsqu’on met de la glace dans un vase placé sur le feu, on voit que la
chaleur la fait résoudre en eau. On doit en user de la même manière avec
notre pierre, qui n’a besoin que du secours de l’Artiste, de l’opération
de ses mains, & de l’action du feu naturel.
Car elle ne se résoudra jamais d’elle-même, quand elle demeurerait
éternellement sur la terre. C’est pourquoi nous devons l’aider, de telle
manière toutefois, que nous ne lui ajoutions rien qui lui soit étranger
& contraire.
(Louis Grassot)
Le premier moteur de la Nature est le feu externe, modérateur du feu
interne et de tout l’ouvrage.
Ainsi l’art vient au secours de la nature, et le philosophe est
l’administrateur de l’un et de l’autre.
(D’Espagnet)
