alchimie & mystique  - 117 -


Le composé de la nature



Les Philosophes ont deux sortes de composés.
Le premier est le composé de la nature ; c’est la nature qui le fait d’une manière incompréhensible à l’artiste, qui ne fait que prêter la main à la nature, par l’administration des choses externes, moyennant quoi elle enfante, et produit cet admirable composé.
Le second est le composé de l’art ; c’est le sage qui le fait par l’union intime du fixe avec le volatil parfaitement conjoints, avec toute la prudence qui se peut acquérir par les lumières d’une profonde Philosophie.
(Limojon de Saint-Didier)


Parlant de la Sagesse, l’alchimiste Senior écrit :
« Rien n’est plus vil d’aspect, rien plus précieux de nature. »
(Gorceix)


Retournez les éléments, dit Aristote, et vous trouverez ce que vous cherchez.
Cette proposition, l’une des plus importantes, ayant mis les esprits en mouvement, chacun s’est mis à la recherche d’une matière première pour arriver à ce but, pensant bien que les éléments isolés ne pouvaient y conduire, tandis qu’un corps qui en était tout composé et encore dans son état de simplicité était le seul qu’on pouvait raisonnablement mettre en œuvre pour chercher le point de perfection.
À force de chercher, quelques-uns l’ont enfin rencontré, mais ne trouvant rien dans la Nature capable de le dissoudre, malgré sa simplicité, et ne pouvant en extraire les éléments par aucun autre moyen, ils s’avisèrent de remonter vers leur source commune, et y ayant puisé, il vinrent enfin heureusement à bout de leur dessein.
(Récréations hermétiques)


Je vous proteste, avec un cœur sincère, touché de compassion pour ceux qui sont depuis longtemps dans les grandes recherches, & je vous certifie à vous tous qui chérissez ce merveilleux art, que toute notre œuvre prend naissance d’une seule chose, & qu’en cette chose l’œuvre trouve sa perfection, sans qu’elle ait besoin de quoi que ce soit autre que d’être dissoute & coagulée, ce qu’elle doit faire d’elle-même sans le secours d’aucune chose étrangère.
Lorsqu’on met de la glace dans un vase placé sur le feu, on voit que la chaleur la fait résoudre en eau. On doit en user de la même manière avec notre pierre, qui n’a besoin que du secours de l’Artiste, de l’opération de ses mains, & de l’action du feu naturel.
Car elle ne se résoudra jamais d’elle-même, quand elle demeurerait éternellement sur la terre. C’est pourquoi nous devons l’aider, de telle manière toutefois, que nous ne lui ajoutions rien qui lui soit étranger & contraire.
(Louis Grassot)


Le premier moteur de la Nature est le feu externe, modérateur du feu interne et de tout l’ouvrage.
Ainsi l’art vient au secours de la nature, et le philosophe est l’administrateur de l’un et de l’autre.
(D’Espagnet)