en Inde - 3 -
Mundaka upanishad
3-1-1. Deux oiseaux, compagnons inséparables et
portant le même nom, sont perchés sur le même arbre.
L’un d’eux mange les fruits aux saveurs variées, tandis que l’autre le
contemple sans manger.
3-1-2. Sur cet arbre, l’âme individuelle est pour
ainsi dire captive ; elle se lamente, accablée par son
impuissance.
Mais dès qu’elle aperçoit son compagnon, le Seigneur adorable, dans
toute sa gloire, elle est libérée de toute souffrance.
3-1-3. Lorsque le voyant aperçoit le Purusha — resplendissant, qui est le Créateur, le Seigneur, ainsi que la source du Brahman — alors, illuminé, il se défait du mérite comme du démérite, devient sans souillure et parvient à la suprême unité.
3-1-4. C’est lui le souffle de vie, qui brille en
tous les êtres, à des degrés divers.
Le sage, celui qui le connaît, ne prend plus part aux débats.
Il s’ébat en l’Atman, il trouve ses délices en l’Atman, totalement
absorbé en ses actes.
Un tel homme est le plus éminent parmi ceux qui ont compris Brahman.
3-1-5. Cet Atman est atteint par l’ascèse, la
connaissance, l’étude et une chasteté constante.
Ses imperfections éliminées, l’ascète contemple alors cet Atman,
resplendissant et pur, lumière cachée à l’intérieur du corps.
3-1-7. Cela est grand, radieux, et d’une forme
inconcevable.
Cela est plus subtil que l’infiniment subtil.
Il brille de mille façons.
Cela est plus lointain que l’infiniment lointain, et aussi bien Cela est
à portée de main.
Les êtres dotés de vision le contemplent, caché dans la caverne du
cœur.
3-1-8. L’œil ne peut le saisir, ni la parole, ni les
autres sens.
Pas plus les austérités, ni les œuvres ne le peuvent.
Le méditant, parvenu à la sagesse et à la pureté du cœur, peut le
contempler, un et indivisible.
3-1-9. L’Atman est secret, on ne peut le trouver que
dans ce corps, là où le souffle de vie afflue sous ses cinq formes, qui
ensemble tissent la conscience de toutes les créatures.
Lorsque cette conscience est purifiée, l’Atman se dévoile dans tout son
éclat.
3-2-1. Le connaisseur de l’Atman connaît cette
demeure suprême du Brahman, à l’éclat resplendissant, qui recèle tout
l’univers.
Le sage, qui est parvenu à l’état sans désirs et vénère l’Être suprême,
transcende la nature humaine, née de la semence.
3-2-2. Celui qui ressent des désirs et y cède,
renaît ici ou là, selon ses désirs.
Mais celui dont LE désir est satisfait, qui s’est établi fermement en
l’Atman, celui-là voit s’évanouir tout désir ici-bas.
3-2-3. Ce n’est pas un enseignement qui mène à cet
Atman, ni l’intelligence, ni l’érudition.
Seul celui que l’Atman choisit peut y parvenir, et c’est l’Atman
lui-même qui révèle Sa nature véritable à celui qui le recherche.
3-2-8. Tout comme les rivières s’écoulent vers l’océan et y disparaissent, en perdant leur nom et leur forme, le sage aussi se libère du nom et de la forme et parvient au divin Purusha, au plus haut du plus haut.

