alchimie & mystique  - 009 -


Krishnamurti (1895-1986) - 1 -


On peut trouver quantité de livres signés Krishnamurti. Ce sont presque tous des retranscriptions de causeries ou d'entretiens.  
Ce que dit Krishnamurti est sans intérêt. Ce qui compte c'est ce qu'il était, et qui passait parfois à travers lui en sa présence.  
Et aussi ce qui a été appelé le Processus, auquel il a été sujet plusieurs décennies durant.  

Le meilleur livre sur lui (un livre à charge, cependant) :  
Radha Rajagopal Sloss - Vies dans l'ombre avec Krishnamurti.  

The Other

Il arrive assez fréquemment qu’en écoutant telle ou telle causerie de K, certaines personnes la trouvent particulièrement parlante, mais que plus tard en la lisant elles soient quelque peu déçues. Il est probable qu’au cours de telles causeries K ait été animé de ce pouvoir étrange, de cette bénédiction, et qu’il l’ait transmise à son auditoire, lequel était inspiré davantage par ce pouvoir que par la causerie en soi.
(Mary Lutyens)

Lire un compte-rendu authentique de causerie, entendre K sur cassette, voire le regarder parler sur vidéo-cassette, ce n’est pas du tout comme de l’écouter parler en chair et en os. La signification non verbale des mots nous est donnée par sa présence physique. Quelque chose émane de lui qui donne la compréhension immédiate, court-circuite l’intellect.
(Mary Lutyens)

Je ne compris que bien plus tard ce que vivait véritablement Krishnamurti, le jour où je lus ses Carnets. La « chose » était là. Je compris que cette « chose » ne pouvait aucunement être transmise par des mots.
À présent, il était certain, pour moi, que Krishnamurti avait été touché par quelque chose d’énorme, qui dépassait l’entendement humain : cet otherness dont il parle si souvent dans ses Carnets.
Lorsque, par la suite, je demandai à M. L. quelle était la personne qui l’avait le plus impressionné dans sa vie, il répondit sans hésitation : Krishnamurti, parce que lorsqu’on se trouvait en sa compagnie, et que cette « chose » était là, c’était réellement impressionnant. On sentait bien que ce n’était plus de l’ordre de l’humain. Lui-même ne pouvait pas l’expliquer, il disait simplement : « elle est là ».
(Charles Antoni)

Assez paradoxalement, les moments spirituels les plus extraordinaires que j’ai vécus au contact de Krishnamurti se sont produits uniquement au cours de ses conférences, face au public. Une grande différence existe entre la puissance de rayonnement spirituel de Krishnamurti lors de ses conférences et celle de sa vie courante. Plusieurs, parmi mes amis personnels, également amis intimes de Krishnamurti, avaient la même impression. Lorsque je leur demandais pour quelles raisons ils venaient spécialement à Saanen, si éloigné de leur résidence, alors qu’ils avaient l’occasion de voir Krishnamurti en privé lorsqu’ils l’hébergeaient, leur réponse était identique : Krishnamurti est l’Instructeur dans toute sa puissance seulement face au public.
Un certain mystère demeure. Je l’ai conduit et recherché de nombreuses fois en auto, avant et après ses conférences, tant à Paris qu’à Londres ou à Bruxelles. Dès l’approche de ses conférences, son visage et son comportement changeaient complètement d’expression. Il devenait distant, grave, austère et concentré. Sur l’estrade face au public, il semblait que Krishnamurti n’était plus là, en tant qu’ego. De sa voix et de son regard émanait une autre force ou une présence différente augmentant au fur et à mesure de l’exposé. L’inspiration qui l’animait et le soutenait, ainsi que la puissance de son rayonnement étaient incomparables à ce qu’il était dans la vie courante.
(Robert Linssen)

Zimbalist also describes other experiences of being with Krishna, in the company of other people and often when he was talking about his youth, when “something” unusual was felt in the room. He would ask those present, “Did you feel something?”
Mark Lee, Director of Krishnamurti Publications of America, also describes being in a room with Krishna and four other people when “something” came into the room and “enveloped everyone in what I can only think of as a solid mass”. He says it lasted for at least twenty minutes.
Lee experienced it twice in the twenty years he knew Krishnamurti.
(CV Williams)

Le soir du 30 octobre [1983], Krishnaji insista après le diner pour qu’on lui lise le livre que j’écrivais sur lui. Marie Zimbalist commença la lecture du passage ayant trait à sa naissance et son enfance. Je pris la relève un peu plus tard.
Pendant la lecture, Krishnaji était resté absolument immobile. À mesure que la lecture progressait, nous sentîmes autour de nous comme une présence, et cette impression devint si forte que bientôt je n’eus plus de voix. Krishnaji se tourna vers moi : “Vous la sentez ? me dit-il, je pourrais me prosterner devant elle…” Il tremblait de tous ses membres. Soudain il se leva et gagna seul sa chambre.
(Pupul Jayakar)

“The face” was a transformation of Krishnaji’s face that would occur during certain talks or discussions, the deepest ones, the ones that seemed to reach into another dimension. I can only describe “the face” as Krishnaji’s face but not his face ; “the face” had no age, but also seemed to be outside of time ; “the face” shone with an inner radiance and vitality that was breathtaking.
I often saw “the face” when it appeared. I always met him as he was going on and coming off the stage in Saanen, Brockwood, and later years in India. As he exited from some of those especially profound talks, after a small silence, he would ask me if I had seen “the face”. He always knew when it appeared, though he couldn’t see it. Once Krishnaji had confirmed that this was not a product of my brain, I found that Mary also saw it, and she and I would discuss it.
(Scott Forbes)

He turned towards us and said, “Buddha is now here; ask questions”.
I was amazed to see Krishnamurti’s face transforming itself. There was tremendous light in his eyes and there was a glow on his face, and a subtle transformation was taking place.
The room was surcharged with beauty emanating from Krishnamurti.
(G Narayan)