alchimie & mystique  - 008 -


Augustin (354-430)


Je ne vous aimais pas, ô mon Dieu ! Vous qui êtes la lumière de mon cœur, la lumière intérieure de mon esprit, et l’époux qui soutient et fortifie mon âme.
(Confessions I,13)


J’entrai donc ainsi dans moi-même, et avec l’œil de mon âme, quoiqu’il n’eût encore que peu de clarté, je vis au-dessus de ce même œil de mon âme, et au-dessus de la lumière de mon esprit, la lumière immuable du Seigneur, et cette lumière n’était pas celle que nous voyons, ni quelque autre de même nature, mais qui aurait été seulement plus grande, plus parfaite, plus éclatante, et plus étendue dans toutes les parties de l’univers.
Elle était d’une autre espèce, et entièrement différente de la lumière ordinaire.
Elle n’était point au-dessus de mon esprit, comme l’huile est au-dessus de l’eau, et le ciel au-dessus de la terre, mais elle était au-dessus de moi-même, comme m’ayant donné l’être, et j’étais au-dessous d’elle comme ayant été créé par elle.
Celui qui connaît la vérité, connaît aussi cette lumière ; et celui qui connaît cette lumière, connaît aussi l’éternité ; et c’est la grâce qui la fait connaître.
(Confessions VII,10)



Je n’eus pas plutôt achevé de lire ce peu de lignes, qu’il se répandit dans mon cœur comme une lumière qui le mit dans un plein repos, et dissipa toutes les ténèbres de mes doutes.
(Confessions VIII,12)


Ô ! s’ils pouvaient voir cette lumière intérieure et éternelle dont je commençais de goûter la connaissance, et que j’avais un déplaisir sensible de ne leur pouvoir montrer, quand même ils m’eussent dit : « Qui nous montrera les vrais biens ? »
Parce qu’il leur est impossible de les connaître pendant qu’ils sont éloignés de vous, et qu’ils continuent de s’attacher de telle sorte aux choses visibles, qu’ils semblent avoir mis tout leur cœur et leur esprit dans leurs yeux.
(Confessions IX,4)