alchimie & mystique  - 007 -


L’impasse de l’alchimie minérale - 1 -


La moitié droite du tableau est consacrée à l'OPUS MECHANICE, avec l'alchimiste, son athanor et ses cornues.  
La moitié gauche est consacrée à l'OPUS NATURE, avec Nature prodiguant ses remontrances à l'alchimiste errant.  

Jean Perréal - Complainte de Nature à l’Alchimiste errant (XVIe siècle)


Comme nature se complaint,
Et dit sa douleur & son plaint
A un sot souffleur, sophistique,
Qui n’use que d’art mechanique.
(Iean de Meung - Les Remonstrances de Nature a l’Alchymiste errant)


L’extravagant empirisme, dont Jean Perréal eut l’évident souci qu’il fût nettement distingué de l’alchimie traditionnelle.
La confusion régnait déjà, à son époque, entre l’œuvre de nature (opus naturae) et le travail mécanique (opus mechanice) : le philosophe ou alchimiste et le souffleur ou spagyriste utilisant un feu très différent, pour celui-ci, élémentaire et produit par les combustibles ordinaires, pour celui-là, philosophique et issu de l’inépuisable source céleste.
C’est lui, ce feu de la mère Nature, qui est le principal artisan du Grand Œuvre, et c’est lui que le Christ est venu mettre dans les choses, et dont Il veut obstinément qu’il s’allume dans l’athanor. Là où peut être taillée la pierre de l’angle, que le Tout-Puissant garde à la disposition des hommes de bonne volonté.
(Canseliet)


Pour moi, je m’assure que si Hermès, Geber et Lulle, tous subtils et tous profonds Philosophes qu’ils pouvaient être, revenaient maintenant au monde, ils ne seraient pas tenus par ceux d’aujourd’hui à grand-peine pour des Philosophes, mais plutôt pour des disciples, tant notre présomption est grande.
Sans doute qu’aussi ces bons et doctes personnages ignoraient tant d’inutiles distillations qui sont usitées aujourd’hui, tant de circulations, tant de calcinations et tant de vaines opérations que nos modernes ont inventées, lesquels n’ayant pas bien entendu le sens des écrits de ces Anciens, resteront encore longtemps à rechercher une chose seulement : c’est de savoir la Pierre des Philosophes, ou la teinture physique que les Anciens ont su faire.
(Cosmopolite)