La lumière de Nature
Le Grand Œuvre est originairement l’Esprit universel du monde,
corporifié dans une terre vierge.
(Dom Albert Belin)
Les plus perspicaces, par la lecture assidue des auteurs les plus
graves et les plus sincères, et par la lumière d’un rayon du Soleil, ont
acquis la connaissance du soufre, mais ils sont restés suspendus au
seuil du mercure des Philosophes.
Car les auteurs en ont parlé avec tant de détours et de méandres, et
l’ont appelé de tant de noms ambigus, qu’on le découvre plutôt par une
impétuosité d’esprit, et sans y penser, que lorsqu’on le cherche à force
de raison et de sueur.
(D’Espagnet)
Qu’est-ce que notre Œuvre ? Faire la pierre ? Certes, c’est l’Œuvre
final, mais l’Œuvre véritable est de trouver l’humidité dans laquelle
l’or se liquéfie comme la glace dans l’eau tiède : trouver cela, c’est
notre Œuvre.
(Philalèthe)
Le miracle que l’alchimiste provoque sans le comprendre, et qui
revient simplement à capter, avec le miroir idoine, ce fluide universel,
appelé dans la terminologie scientifique moderne rayonnement
cosmique.
(Canseliet)
L’alchimie est une philosophie de la nature qui n’est pas dépourvue
de tout caractère expérimental : préparer un support susceptible de se
prêter à l’attraction, à la condensation, à l’exaltation d’un agent qui
n’est ni un gaz ni même un rayonnement particulaire ou
ondulatoire.
(Husson)
Le chaos de l’art résulte de la condensation au sein de l’atmosphère,
d’un influx céleste traversant le système solaire selon l’axe des points
équinoxiaux, et par conséquent à capter au printemps et à
l’automne.
(Husson)
Il s’agit d’infuser la vie universelle, que les représentants actuels
de la tradition alchimique désignent plus volontiers sous le terme
d’« influx cosmique » ou astral, dans un support idoine, de l’y
concentrer, de l’y fixer, et de l’y exalter.
(Husson)
Seule l’alchimie envisage pour but unique la condensation sur un
support provisoire, et prévu à cette seule fin, de la lumière de Nature,
graduellement exaltée.
(Husson)
La larme, qui signifie l’humide de l’air, pleine de feu vital, ne
sera pas prise en quantité par ceux qui n’ont pas la connaissance de
l’aimant physique et philosophique.
(Gobineau de Montluisant)



