alchimie & mystique  - 139 -


Le rayon de la vie



La Vierge, assurément, reçoit sur son sein, le fluide spirituel du cosmos, qu’elle renvoie, tout aussitôt, sur le petit Jésus étendu à ses pieds, dans son douillet moïse.
Un enfant nu, plus fort, le dos protégé d’un ample tissu, est assis auprès d’une petite table, et faisant passer, à travers ses lentilles, le rayon solaire, qui entre par la fenêtre béante, s’amuse à enflammer, sur le dallage, des morceaux de bois disposés en croix.
Certes, les filets lumineux ne sont pas habituels, et deux miroirs, à savoir deux mercures, sont nécessaires, afin d’attirer celui que l’astre du jour projette et d’en libérer la force de feu secret.
Au vrai, le mercure des sages se partage en deux fonctions très différentes, et c’est pourquoi, sur notre image, le premier réceptacle est plus volumineux que le second ; l’un devant être traversé, avant que l’autre le soit à son tour.
(Canseliet)


Voici les deux forces que Doctor illuminatus voulut nettement distinguer : l’une, à gauche, est celle de l’alchimie ; l’autre, à droite, est celle de la spagyrie.
Raymond Lulle, à qui l’empirique chimie doit tant de primordiales découvertes, s’appliquait fort à la seconde, de sorte qu’il connaissait la menace, qu’elle allumât, sur la terre des hommes, l’impitoyable feu de la géhenne.
(Canseliet)


Le rayon de la vie par la Mère Nature, et celui de la mort par l’industrie des hommes.
(Canseliet)