Le rayon de la vie



La Vierge, assurément, reçoit sur son sein, le fluide spirituel du
cosmos, qu’elle renvoie, tout aussitôt, sur le petit Jésus étendu à ses
pieds, dans son douillet moïse.
Un enfant nu, plus fort, le dos protégé d’un ample tissu, est assis
auprès d’une petite table, et faisant passer, à travers ses lentilles,
le rayon solaire, qui entre par la fenêtre béante, s’amuse à enflammer,
sur le dallage, des morceaux de bois disposés en croix.
Certes, les filets lumineux ne sont pas habituels, et deux miroirs, à
savoir deux mercures, sont nécessaires, afin d’attirer celui que l’astre
du jour projette et d’en libérer la force de feu secret.
Au vrai, le mercure des sages se partage en deux fonctions très
différentes, et c’est pourquoi, sur notre image, le premier réceptacle
est plus volumineux que le second ; l’un devant être traversé, avant que
l’autre le soit à son tour.
(Canseliet)
Voici les deux forces que Doctor illuminatus voulut nettement
distinguer : l’une, à gauche, est celle de l’alchimie ; l’autre, à
droite, est celle de la spagyrie.
Raymond Lulle, à qui l’empirique chimie doit tant de primordiales
découvertes, s’appliquait fort à la seconde, de sorte qu’il connaissait
la menace, qu’elle allumât, sur la terre des hommes, l’impitoyable feu
de la géhenne.
(Canseliet)
Le rayon de la vie par la Mère Nature, et celui de la mort par
l’industrie des hommes.
(Canseliet)
