alchimie & mystique  - 102 -


Comment l’Esprit vient aux Philosophes


Jamais je ne serais parvenu à trouver les opérations nécessaires et indispensables pour faire la pierre philosophale si Dieu ne m’avait inspiré en trois différentes fois, et à quatre années de distance d’une inspiration à l’autre, la manière de bien faire l’opération alchimique que j’ignorais, et que je n’aurais jamais pu trouver de moi-même, si une voix forte (qui toujours était précédée d’un fort coup de vent à mon oreille droite), et que pour la première fois j’ai fort bien entendue (étant dans mon lit à sept heures du matin, réfléchissant sur mon ouvrage que je ne pouvais continuer) ne m’était venue redresser en me disant : Il faut s’y prendre de telle manière. Je suivais l’inspiration, et l’opération que j’ignorais se faisait parfaitement bien.
La deuxième inspiration fut précédée comme la première par un fort coup de vent à mon oreille droite : ce fut en plein midi, et dans le fond d’une diligence, entre Lyon et Paris, où je me rendais pour y continuer mon ouvrage alchimique. Je fus averti de cette manière : Tu te trompes, les livres hermétiques disent comme cela.
Et la troisième inspiration, qui fut plutôt une vision, vint m’éclairer quatre ans après. L’opération et la perfection du travail que je faisais se présenta devant mes yeux ; et mon odorat, par l’odeur qui s’en exhalait, me prouva qu’elle était bonne et bien faite, et me donna la conviction que j’étais parvenu à la fin de la première partie de mon ouvrage alchimique ou de la pierre du premier ordre, ce qui me réjouit beaucoup.
(Cambriel)


Nous étions encore aveugles, et par aucune science ne l’eussions pu comprendre, sans un esprit de prophétie venant du Père des lumières, qui ne délaisse point les siens.
Fit en sommeillant reluire devant nos yeux une telle clarté que nous reconnûmes que, pour l’accomplissement, nous n’avions qu’à disposer le corps à une naturelle et secrète décoction, moyennant laquelle, par ordre rétrogradé, soudain la nature fut visiblement dissoute en pure noirceur.
(Pierre Vicot)


Ceux qui liront Geber et tous les autres Philosophes, quand ils vivraient cent millions d’années, ne le sauront comprendre.
Car ce feu ne se peut découvrir que par la seule et profonde méditation de la pensée.
Ensuite on le comprendra dans les livres, et non autrement.
(Pontanus)