alchimie & mystique  - 101 -


Lettre Philosophique


Le texte du Cosmopolite :  
"Lettre Philosophique, très estimée de ceux qui se plaisent aux vérités hermétiques"  
est suivi, dans certaines éditions, d'un  
"Extrait d’une autre lettre, assez curieuse, sur le même sujet"  
dont ni l'auteur ni le destinataire ne sont précisés.  

Extrait d’une autre lettre Philosophique

Après quelques conversations que nous eûmes mon ami & moi sur les sentiments de quelques Philosophes, premièrement il me fit sentir l’erreur & l’ignorance de ceux qui vont recueillir la rosée la nuit sur les bleds, pour la vraie matière de leur Pierre.

Ensuite il me fit voir par pratique la Philosophique industrie des Sages, pour prendre physiquement la vraie Rosée du Ciel, qui certainement est la vraie & unique matière de l’œuvre des Philosophes.

Et par cette magique & occulte extraction qu’il fit en ma présence, je connus clairement que ce qu’il m’avait [dit] dans nos conférences était véritable. Qu’il fallait très-nécessairement que le Philosophe qui voulait faire l’œuvre, tirât lui-même de l’influence des astres, sans aucun labeur manuel, la vraie rosée céleste des Sages ; & de plus plus qu’il puisât seulement dans le plus profond centre du ventre d’Ariès, & ce par l’instrument magique des sages.

Puis il me fit connaître quel est le ventre d’Ariès des Philosophes cabalistiques, qui certainement est le vrai aymant & l’acier du Cosmopolite.

Or de toutes ces choses que je viens de vous dire, dont ce docte Philosophe m’a fait voir la pratique manuelle, j’en avais certainement une entière & très parfaite connaissance.

Mais je vous avoue sincèrement que je ne connaissais nullement l’Ariès, & encore moins le ventre d’Ariès, que les Chymistes vulgaires prétendent connaître, lequel ne leur donne qu’une eau phlegmatique ; au lieu que l’Ariès des vrais Philosophes Cabalistiques leur attire une eau ignée ou feu aqueux.

Ensuite il me montra par pratique manuelle comment cette vraie rosée qui imprègne, fermente, nourrit & vivifie toute la nature élémentaire, se concentre & se congèle par le chaud ou ventre d’Ariès, & devient en un moment ou pour le moins en bien peu de temps, la vraie terre vierge des Sages, l’unique matière de l’œuvre des Philosophes, qui est certainement l’un des plus grands & occultes Secrets de leur divine Cabale, qu’ils n’ont voulu jamais découvrir clairement dans leurs Livres, se contentant, selon eux, de le dire seulement à l’oreille de leurs enfants ou disciples secrets de la Nature.