Annonciation à la Licorne
Martin Schongauer - retable des dominicains - Annonciation
(1480)


La toute jeune fille, future mère du Sauveur, caresse, de sa dextre à
peine fermée, le long pal en torsade de la licorne farouche, qu’elle
seule peut attirer, apaiser et retenir.
Assise au milieu du jardin clos d’un mur à créneaux sévère (rappelant la
forteresse alchimique), Marie, qui est distraite en pensée, accomplit
nonchalamment son geste, dans la plus virginale ingénuité, que souligne,
auprès d’elle, une tige de lis en pleine floraison.
A sa gauche sont disposés un seau rempli de pommes jusqu’au bord, ainsi
qu’une blanche peau de bélier, avec deux inscriptions sur banderoles :
urne d’or et toison de Gédéon.
L’une et l’autre figurent évidemment l’enjeu de l’entreprise
philosophique et religieuse, dont la licorne fabuleuse marque l’étape
décisive.
(Canseliet)


La main doit être experte et pure pour la manœuvre de cette verge,
dont dépend que l’eau mercurielle et lumineuse jaillisse du
rocher.
(Canseliet)
(commentaire de La Dame à la Licorne, « sans qu’on y ait obéi à la
moindre volonté de quelque allusion scabreuse »)
