alchimie & mystique  - 094 -


Annonciation à la Licorne


Martin Schongauer - retable des dominicains - Annonciation (1480)
 


La toute jeune fille, future mère du Sauveur, caresse, de sa dextre à peine fermée, le long pal en torsade de la licorne farouche, qu’elle seule peut attirer, apaiser et retenir.
Assise au milieu du jardin clos d’un mur à créneaux sévère (rappelant la forteresse alchimique), Marie, qui est distraite en pensée, accomplit nonchalamment son geste, dans la plus virginale ingénuité, que souligne, auprès d’elle, une tige de lis en pleine floraison.
A sa gauche sont disposés un seau rempli de pommes jusqu’au bord, ainsi qu’une blanche peau de bélier, avec deux inscriptions sur banderoles : urne d’or et toison de Gédéon.
L’une et l’autre figurent évidemment l’enjeu de l’entreprise philosophique et religieuse, dont la licorne fabuleuse marque l’étape décisive.
(Canseliet)


 


La main doit être experte et pure pour la manœuvre de cette verge, dont dépend que l’eau mercurielle et lumineuse jaillisse du rocher.
(Canseliet)
(commentaire de La Dame à la Licorne, « sans qu’on y ait obéi à la moindre volonté de quelque allusion scabreuse »)