alchimie & mystique  - 072 -


Sapientia vs Scientia


La sapientia (ou sagesse) se distingue de la scientia (ou science) en ce que la première a pour objet le monde éternel et immuable, tandis que la seconde est connaissance du monde temporel et mutable.
La sagesse est acquise par la raison supérieure, et la science par la raison inférieure.
Le péché affecte la capacité humaine d’atteindre la sagesse (et donc le bonheur).

Augustin distingue par ailleurs entre
– sagesse immédiate, que les âmes bienheureuses pourront atteindre dans la vision béatifique (La cité de Dieu, XXII, 29), cette contemplation remplaçant dans la vie à venir la foi ;
– et sagesse médiate, qui suppose la médiation de l’Incarnation, de l’enseignement du Christ, de la Bible et de l’Église.

(Jean Montenot)


Paracelse, « le docteur des deux médecines, celle de la nature et celle de la grâce ».


Absque nube pro nobis (Sans voile pour nous)

 


Thomas d'Aquin (1225-1274) définit la mystique : cognitio Dei experimentalis  
(définition parfois attribuée à Jean Gerson (1363-1429))  
Le premier biographe de Thomas raconte :  

Le 6 décembre 1273, fête de saint Nicolas, célébrant la messe dans la chapelle dédiée à ce saint au couvent de Naples, il [Thomas] eut une révélation qui le changea tellement, que dès lors il ne lui fut plus possible ni d’écrire ni de dicter.
Frère Réginald, voyant son maître cesser d’écrire, lui dit :
« Père, comment laissez-vous inachevée une œuvre si grande, entreprise par vous pour la gloire de Dieu et l’illumination du monde ? »
« Je ne peux continuer », répondit le Saint.
Réginald, qui craignait que l’excès du travail n’eût émoussé l’intelligence du grand Docteur, insistait toujours pour qu’il écrivît ou dictât, et Thomas lui répondait :
« En vérité, mon fils, je ne puis plus ; tout ce que j’ai écrit me paraît un brin de paille. »

(Guillaume de Tocco - Histoire de saint Thomas d’Aquin de l’Ordre des frères prêcheurs - 1323)