alchimie & mystique  - 049 -


Cyliani - 1 - La matière


Le lecteur qui sera pénétré de mes opérations n’aura qu’à chercher la matière, le feu et les travaux d’Hercule. Tous les philosophes en ont fait par devoir un mystère.
(Cyliani)



Electre : les Philosophes ont ainsi appelé une de leurs matières.
Elle est une chose ni tout à fait parfaite ni tout à fait imparfaite. Elle était en voie de perfection, mais la Nature ayant trouvé des obstacles dans ses opérations, l’a laissée imparfaite.
C’est pourquoi les Philosophes disent qu’il faut commencer où la Nature a fini.
(Pernety)


Notre sujet, réceptacle de l’eau secrète sans laquelle il serait impossible d’entreprendre aucune opération, est véritablement la Porte de l’Œuvre, porte toujours close.
Admirablement cachée et déguisée par la Nature, elle constitue réellement une porte fermée sur son sanctuaire, porte que jamais l’ignorant, l’imposteur, l’avide et le présomptueux ne seront capables d’ouvrir.
(Canseliet)


Quiconque travaille fidèlement dans l’étude de la nature, ne cherchant la lumière de Jésus-Christ que par l’amour pur pour lui, apercevra dans cette lumière divine la lumière indestructible de la nature, dans un moment et dans un lieu où il ne s’y attendait point.
Il la trouvera devant sa porte.
(Lopukhin – Le temple de la nature et de la grâce)


Si tu sais trouver cette terre, mon cher lecteur, il te reste peu de chemin à faire pour atteindre à la perfection de l’Œuvre.
Ce n’est point une terre commune, mais une terre vierge.
Ce n’est pas non plus celle que les fous cherchent dans la terre sur laquelle nous marchons, où il n’y a nul germe et nulle semence.
(Bruno de Lansac)


Il n’y a qu’une seule chose par laquelle on découvre la vérité de notre Art, en laquelle il consiste entièrement et sans laquelle il ne saurait être.
C’est une Pierre et non Pierre ; elle est appelée Pierre par ressemblance :
Premièrement parce que sa minière est véritablement Pierre, au commencement qu’elle et tirée hors des cavernes de la Terre. C’est une matière dure et sèche, qui se peut réduire en petites parties et qui se peut broyer à la façon d’une Pierre.
Secondement, parce qu’après la destruction de sa forme (qui n’est qu’un Soufre puant qu’il faut auparavant ôter) et après la division de ses parties, qui avaient été composées et unies ensemble par la Nature, il est nécessaire de la réduire en une essence unique et la digérer doucement, selon Nature, en une Pierre incombustible, résistante au feu, et fondante comme cire.
(Cosmopolite)


Notre Pierre est proprement invisible, aussi bien à l’égard de sa matière, comme à l’égard de sa forme.
À l’égard de sa matière : parce qu’encore que notre pierre, ou bien notre Mercure (il n’y a point de différence) existe réellement, il est vrai néanmoins qu’elle ne parait pas à nos yeux, à moins que l’artiste ne prête la main à la nature, pour l’aider à mettre au monde cette production Philosophique ; c’est ce qui fait dire au Cosmopolite, que le sujet de notre Philosophie a une existence réelle ; mais qu’il ne se fait point voir, si ce n’est, lorsqu’il plaît à l’artiste de le faire paraître.
La pierre n’est pas moins invisible à l’égard de sa forme : j’appelle ici sa forme, le principe de ses admirables facultés, d’autant que ce principe, cette énergie de la pierre, et cet esprit dans lequel réside l’efficace de sa teinture, est une pure essence astrale impalpable, laquelle ne se manifeste que par les effets surprenants qu’elle produit. Les Philosophes parlent souvent de leur pierre considérée en ce sens-là. Hermès l’entend ainsi, lorsqu’il dit que le vent la porte dans son ventre ; et le Cosmopolite ne s’éloigne point de ce Père de la Philosophie, lorsqu’il assure que notre sujet est devant les yeux de tout le monde ; que personne ne peut vivre sans lui ; et que toutes les créatures s’en servent ; mais que peu de personnes l’aperçoivent.
(Limojon de Saint-Didier)


Le mercure des sages est l’aimant de Philalèthe, la parcelle du chaos primordial que le Père a laissée sur la terre à la disposition des hommes de bonne volonté.
(Canseliet)


Le vase de nature est constitué de terre adamique et contient le mercure ou vin des sages.
(Canseliet)