Un don de Dieu
Il est vrai qu’il faut être tout à soi et que ce divin emploi
requiert un homme tout entier et le possède entièrement. C’est un
ouvrage d’ermite, c’est l’occupation d’un solitaire, c’est l’exercice
d’un homme qui connaît le monde et lui a dit un dernier adieu.
Un autre qui sera engagé dans le monde, embarrassé dans les affaires,
engagé dans les négoces, employé au commerce, occupé dans les charges et
dans les dignités, ne doit pas l’entreprendre et, s’il l’entreprend, ses
travaux seront inutiles et ses espérances vaines.
Le plus sûr est d’attendre du Ciel les moyens, les occasions et même les
pensées ou inspirations pour y vaquer, car, puisque c’est un don de Dieu
qu’il donne à qui bon lui semble, il faut tout espérer de sa bonté, tout
attendre de sa grâce et rapporter tout à sa conduite.
(Dom Belin)
Ce magistère ne se découvre ni par violences ni par menaces ; ce
n’est point en se fâchant qu’on en vient à bout ; il n’y a que ceux qui
sont patients et humbles, et qui aiment Dieu sincèrement et
parfaitement, qui puissent prétendre de l’acquérir.
Car Dieu ne révèle cette divine et pure Science qu’à ses fidèles
serviteurs, et qu’à ceux à qui de toute éternité il a résolu, par sa
divine providence, de découvrir un si grand mystère.
(Entretien du Roi Calid et du Philosophe Morien)
Tout ainsi donc que le corps humain est couvert de vêtements, ainsi
la Nature humaine est couverte du corps de l’homme, laquelle Dieu s’est
réservé à couvrir et découvrir selon qu’il lui plaît.
(Cosmopolite)
Aussi est-il comme impossible, qu’avec le seul secours des livres, et
du travail, on puisse parvenir à la connaissance de la matière, et
encore moins à l’intelligence d’une pratique si singulière, toute
simple, toute naturelle, et toute facile qu’elle puisse être.
(Limojon de Saint-Didier)
Le Verbum demissum du Trévisan et la Parole perdue
des francs-maçons médiévaux, désigne le secret matériel de l’Œuvre, dont
la révélation constitue le Don de Dieu, et sur la nature, le nom
vulgaire ou l’emploi duquel tous les philosophes conservent un
impénétrable silence.
(Fulcanelli)
Notre Or cependant ne saurait s’acheter, à quelque prix que ce fût,
quand bien même tu en voudrais donner une couronne ou un royaume, car
c’est un don de Dieu.
(Philalèthe)
C’est ici où nous devons imiter le silence des philosophes, de peur
que la science ne soit profanée ; car il est écrit de laisser ceux qui
errent, dans leur erreur, et que ce n’est que par la permission de Dieu
qu’on parvient à la connaissance de cet Œuvre, lequel consiste à savoir
conjoindre le soleil et la lune dans un seul corps.
(Bruno de Lansac)
La patience est l’échelle des Philosophes, et l’humilité est la porte
de leur jardin ; car quiconque persévérera sans orgueil et sans envie,
Dieu lui fera miséricorde.
(Nicolas Valois)
Ce Don divin n’est accordé qu’aux simples et humbles de cœur,
méprisés du reste du monde insensé.
(Gobineau de Montluisant)
Élève ton cœur vers Dieu seul et, sans douter, demande-lui ce don par
une prière vraie et très ardente. Dieu seul l’accorde ; il n’est obtenu
que par lui.
(La Pierre aqueuse de Sagesse)
Et certes il ne sert de rien aux philosophes de vouloir cacher la
science dans leurs écrits, lorsque la doctrine du Saint Esprit
opère.
(Hortulain)
