L’arbre alchimique



Les métaux ou planètes, nobles et vulgaires, sont répartis sur le
feuillage de l’arbre symbolique, à la manière de fruits semblables par
la nature, mais différents de maturité.
Cela afin qu’il soit compris qu’ils ont une origine commune, qu’ils
proviennent de ce tronc unique dont, au demeurant, les auteurs n’ont
point tant fait mystère.
(Canseliet)
Le Bélier signifie le commencement de la Saison en laquelle il faut
prendre la matière, d’autant qu’en ce temps d’effervescence, l’humide
igné de l’Esprit universel commence à monter de la Terre au Ciel, et à
descendre du Ciel en terre, bien plus copieusement qu’en toute autre
saison, et avec plus de vertu, surtout dans les minières où le Soleil a
fait au moins trente révolutions, et non plus de trente-cinq, où la
Nature minérale commence à rétrograder, pour tendre à sa dépravation et
à son déclin.
(Gobineau de Montluisant)



Chez Jacob Böhme l’image eckhartienne du verdoiement de la divinité —
rappelons le célèbre passage du prédicateur dominicain : « Dieu fleurit
et verdoie avec toute sa divinité au fond de l’âme » — germe et
s’épanouit : l’âme est « la branche qui croît » de l’arbre des
puissances divines, ou plutôt elle est cet arbre même.
Sa forme entière « ressemble à un arbre avec quantité de branches et de
rameaux » : c’est pour notre théosophe la meilleure manière que nous
ayons pour nous représenter la forme de notre âme. Tout entière
végétation et verdoiement : Hildegarde de Bingen utilisait le terme
latin viriditas.
(Bernard Gorceix)
