Métallurgie - 1 - le Premier Œuvre
Le point de départ est un minerai riche en Or.
La roche mère contient, mélangé avec l’or, de l’argent, et aussi
d’autres métaux plus rares : cuivre, plomb, zinc etc., considérés ici
comme des impuretés puisque le seul but est d’extraire l’Or.
Le premier œuvre : obtention du bouton.
La coupellation a pour but de séparer d’un minerai riche, ou
d’alliages divers, l’or et l’argent qu’ils contiennent.
La coupellation est faite avec du plomb exempt d’argent, dit plomb
d’œuvre.
La coupellation est fondée sur la propriété que possèdent de petites coupelles en phosphate de chaux (faites avec des os calcinés, pulvérisés et broyés avec de l’eau, puis comprimés dans un moule) de laisser passer, au travers de leurs pores, les oxydes métalliques fondus, et de retenir au contraire les métaux, même à l’état de fusion.
(Bardeau)
Fortement chauffé, le mélange est fondu avec un excédent de plomb,
sur une coupelle de porosité adéquate.
Tous les métaux autres que l’or et l’argent sont oxydés et dissous dans
l’oxyde de plomb (litharge), très fluide, qui est absorbé par les pores
de la coupelle.
À la surface de la coupelle subsiste finalement un « bouton »
exclusivement composé d’or et d’argent.
Ce bouton dit de retour est obtenu après l’éclair, bref éclat jeté par le bouton chauffé dans un courant d’air à l’intérieur d’un moufle (sorte de manchon réfractaire), au moment où il est libéré de la couche d’impuretés fondues dans la litharge (oxyde de plomb) liquéfiée.
Intermède : détermination du titre du bouton
On se sert d’une pierre de touche (fragment de jaspe, roche
siliceuse).
On frotte le bouton sur une pierre de rugosité appropriée, qui en
retient quelques parcelles.
La pierre, humectée à l’aide d’acide nitrique (ou eau-forte), manifeste
une coloration, que l’on encadre avec celles des traces similaires
obtenues par des touchaux de titre connu, dont l’orfèvre possède toute
une gamme.
L’appréciation est très précise.
On connaît maintenant la proportion d’or contenu dans le bouton.
On est prêt à entamer le second œuvre, qui peut se faire par voie sèche ou par voie humide.



