L’impasse de l’alchimie minérale - 2 -



De grands adeptes au XVe et XVIe siècle décrivirent dans un langage
dépouillé, cohérent et précis, la préparation et la purification d’un
petit nombre de substances qui servaient de support, mais non pas, à
proprement parler, de sujet à leurs opérations ultérieures.
Équivoquant à dessein sur cette distinction, à partir du XVIIe siècle,
les auteurs, dispensés par les exposés de leurs prédécesseurs, aussi
bien que par ceux des chimistes de leur temps, de répéter ces
indications (qui, du reste, n’étaient pas expressément rapportées à
l’œuvre alchimique et sont en général fournies à titre d’exemple), font
mine, au contraire, de les dissimuler sous un voile tantôt allégorique
(par transposition) tantôt symbolique (par passage à un autre plan
d’existence), ce qui fit croire à la plupart des gens que le « secret
alchimique » consistait dans la connaissance des substances minérales
qu’ils manipulaient, et dans celle de ces manipulations.
(Husson)
L’androgyne ailé disparaît des ouvrages d’alchimie à la fin du XVIe
siècle.
C’est la conséquence du repli dans le domaine minéral, au début du XVIIe
siècle, de la tradition hermético-alchimique.
En fait sa scission, vers cette époque, d’avec la tradition hermétique
aboutira à une alchimie purement minérale, très vite dégénérée en
spagyrie, puis en chimie.
(Husson)
