Les deux cités
Tant de nations qui sont dans le monde, si différentes de mœurs, de
coutumes et de langage, ne forment toutes ensemble que deux sociétés
d’hommes, que nous pouvons justement appeler cités, selon le langage de
l’Écriture.
L’une se compose de ceux qui veulent vivre selon la chair, et l’autre de
ceux qui veulent vivre selon l’esprit.
Et quand les uns et les autres ont obtenu ce qu’ils désirent, ils sont
en paix chacun dans son genre.
Il est bon d’avoir le cœur élevé en haut, non pas cependant vers
soi-même, ce qui tient de l’orgueil, mais vers Dieu, ce qui est l’effet
d’une obéissance dont les humbles sont seuls capables.
Il y a donc quelque chose dans l’humilité qui élève le cœur en haut et
quelque chose dans l’orgueil qui le porte en bas.
Deux amours ont donc bâti deux cités : l’amour de soi-même jusqu’au
mépris de Dieu, celle de la terre, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de
soi-même, celle du ciel.
L’une se glorifie en soi, et l’autre dans le Seigneur ; l’une brigue la
gloire des hommes, et l’autre ne veut pour toute gloire que le
témoignage de sa conscience.
(Augustin - La Cité de Dieu)
Fecisti nos ad Te, et inquietum est cor nostrum donec requiescat in
Te.
Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant
qu’il ne repose en toi.
(Augustin – Confessions)
Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père.
(Jean 14,2)



